On me demande souvent comment j'accède aux images scientifiques qui nourrissent mon travail. La réponse est plus simple qu'on ne l'imagine : une grande partie de la littérature scientifique est aujourd'hui en accès libre, et les images de microscopie publiées dans les articles sont d'une richesse visuelle inépuisable.
Les bases de données d'images scientifiques
Des plateformes comme PubMed Central ou les archives en ligne de revues comme Cell ou Nature publient des milliers d'images de microscopie à haute résolution. Ces images documentent des expériences scientifiques précises, mais elles ont aussi une dimension esthétique indéniable. Les chercheurs qui les produisent font des choix — de colorants, de grossissements, de compositions — qui sont en partie des choix visuels.
Je passe des heures à parcourir ces archives, non pas pour copier les images, mais pour en absorber les formes, les rythmes, les contrastes. C'est un travail de documentation qui précède chaque nouvelle série.
Du document à l'œuvre
La transformation de la source scientifique en œuvre plastique est un processus en plusieurs étapes. D'abord, le dessin : je transcris à la main les formes qui m'intéressent, en les déformant légèrement, en les stylisant, en les combinant avec d'autres. Cette étape d'appropriation est essentielle.
Ensuite vient la question du format et du médium. Une structure cellulaire petite et délicate peut devenir monumentale sur une toile de 200 cm — le changement d'échelle est lui-même une transformation artistique significative.
Enfin, la couleur : jamais copiée fidèlement, toujours réinterprétée dans une cohérence chromatique propre à chaque série. La rigueur documentaire sert de fondation ; la liberté artistique s'y appuie pour construire quelque chose d'autre.
