Début mai 2026, j'ai co-animé avec deux chercheurs du CNRS une journée d'atelier dans un lycée rennais. L'idée était simple : faire travailler ensemble, dans un même espace, approche scientifique et approche artistique, pour voir ce qui en naît.
Le protocole de la journée
Le matin était consacré à la découverte scientifique. Les chercheurs ont présenté aux élèves les bases de la biologie cellulaire, avec des images de microscopie et quelques manipulations simples. Ils ont montré comment les scientifiques observent, documentent, interprètent.
L'après-midi était le territoire de l'art. Armés des images vues le matin, les élèves ont eu deux heures pour créer — dessin, peinture, collage, ou combinaison. L'instruction était simple : ne pas recopier, mais laisser les formes vues inspirer quelque chose de nouveau.
Ce que les élèves ont créé
Le résultat a été bluffant. Sans aucune formation artistique préalable, les élèves ont produit des œuvres d'une vraie qualité plastique, avec une cohérence formelle et une inventivité remarquables. Plusieurs ont choisi de revenir sur des détails vus le matin — la forme d'un organite particulier, la texture d'une membrane — et de les amplifier, déformer, répéter.
L'un des chercheurs a dit quelque chose qui m'a marquée : "Certains élèves ont vu des choses dans leurs propres dessins que je n'avais pas vues dans mes données." C'est exactement pour cela que le croisement art-science m'importe : chaque discipline ouvre des angles de vue que l'autre n'a pas.
Nous prévoyons de reconduire cette journée en novembre 2026, avec un format légèrement modifié, et peut-être une exposition des productions des élèves.
